Syngenta – Le choix des hybrides pour déplafonner les rendements du bléPublié le 27 juin 2017 par Marie-Cécile DAMAVE

L’évolution des rendements en blé est préoccupante non seulement en France et en Europe, mais aussi au niveau mondial. Dans notre pays comme dans l’Union européenne, où les rendements de cette culture sont significativement plus élevés que la moyenne mondiale, ils ont tendance à stagner, voire à régresser, depuis une vingtaine d’années. Le principal facteur identifié est le changement climatique.

 

Au niveau mondial cependant, le rendement moyen des blés continue à progresser surtout dans les pays producteurs où il est historiquement bas (Russie, Ukraine par exemple) et où la marge de progrès reste importante. Cependant, le rendement moyen en blé augmente nettement plus lentement que celui du maïs, tant pour la moyenne mondiale que dans les principaux pays producteurs[1]. Cette évolution est alarmante car la demande mondiale en cette céréale progresse rapidement, étant une denrée alimentaire de base de millions d’habitants.

 

Partageant ce constat, de nombreuses actions sont conduites à travers le monde pour « déplafonner » les rendements en blé, utilisant par exemple des leviers technologiques ou agronomiques. Diverses démarches de recherche, développement et innovation en génétique ont été mises en place en ce sens, par des acteurs privés et publics, nationaux et internationaux. C’est le cas de la « Wheat Initiative », qui coordonne divers programmes de recherche internationaux sur le blé, et notamment le « International Wheat Genome Sequencing Consortium » (IWGCS, ou « Consortium international de séquençage du génome du blé »). C’est un partenariat public-privé international où divers semenciers et organismes de recherche français sont impliqués.

 

Le blé est une espèce dont le génome est beaucoup plus complexe que celui des principales autres espèces de grandes cultures (en particulier le maïs), et donc plus difficile à travailler. Les efforts de la recherche génétique se sont donc moins concentrés sur le blé que sur d’autres espèces lors des dernières décennies, ce qui s’est traduit par une progression des rendements en blé en perte de vitesse par rapport aux autres espèces. Il existe aujourd’hui très peu d’hybrides de blé sur le marché, alors qu’ils représentent l’essentiel du marché des semences de maïs.

 

C’est dans ce cadre que s’inscrivent les priorités du nouveau site de recherche, développement et production de semences hybrides de blé, orge et colza de Syngenta à Chartres, inauguré le 21 juin[2] dernier.  Ce lieu a été choisi en raison de sa situation agronomique et climatique optimale pour ces cultures, permettant aux variétés testées d’exprimer au mieux leur potentiel. L’axe de recherche privilégié sur ce site est l’obtention de variétés de blé hybrides, issus de blés sauvages. L’association des technologies de la génétique et du numérique permettent en effet aujourd’hui d’explorer plus finement et plus largement la biodiversité existante, ouvrant de nouvelles voies d’amélioration des plantes. La présence de la Directrice mondiale Recherche-Développement de Syngenta lors de cette inauguration le 21 juin témoigne du rôle stratégique que compte jouer le site de cette entreprise dans les années à venir. Un délai de deux à trois ans a été annoncé avant que les premières variétés de blés hybrides ne soient commercialisées.

 

 

[1] AMIS (Agricultural Market Information System) : http://statistics.amis-outlook.org/data/index.html#COMPARE

[2] https://www.syngenta.fr/