Pour rendre nos agricultures performantes et reconnues des citoyens Publié le 31 août 2017 par Damien BONDUELLE

Les premières réunions des quatorze ateliers créés dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation (EGA) ont commencé, et nous souhaiterions que soit étudié le positionnement de l’entreprise agricole, en rendant son évolution compatible avec l’attente des filières et du consommateur, et le positionnement du producteur qui doit prendre toute sa place d’acteur.

 

 

Ce serait ainsi une occasion privilégiée pour mettre à plat les vrais problèmes récurrents qui nuisent au succès de nos productions. Car avant toute chose, nous devons nous accorder sur la reconnaissance de l’entreprise agricole, faisant ainsi référence à des notions importantes comme la définition du statut de l’agriculteur (ou plutôt de l’entreprise agricole et son dirigeant), et l’inventaire des outils au service des exploitations tant dans les domaines techniques que de gestion, pour en assurer la résilience.

 

 

L’ensemble de nos productions s’inscrivent dans des filières où chacune des composantes de nos agricultures sont aussi différentes et particulières. Les thèmes de travail de l’ensemble des ateliers proposés aux EGA s’y retrouvent bien et les solutions seront ciblées par spécialités de façon à éviter les amalgames. Et comme un escalier qui se nettoie toujours par le haut, commençons bien par résoudre les obstacles internes de nos entreprises, en y introduisant nos fournisseurs d’intrants ou de matériels pour nous aider à nous mettre en situation de réussite. Selon les solutions retenues pour assurer notre rentabilité, chaque maillon derrière nous devra également adapter ses propres enjeux pour permettre au final une juste satisfaction pour le consommateur de façon durable. Ainsi le cadre mis en place permettra une meilleure compréhension entre les différents maillons de la chaîne.

 

 

Les EGA ne pourront pas non plus négliger l’importance de la qualité de nos relations humaines. Nous sentons bien que les valeurs liées au monde rural s’éloignent de celles liées au monde urbain. Et justement, au nom de la confiance et de l’assentiment, comment revenir à la relation durable des engagements au sein des filières et avec les consommateurs dans un respect et une reconnaissance mutuelles ?

 

 

Je m’interroge enfin sur la perte de confiance liée aux dispositions prises dans les entreprises agricoles pour les rendre plus rentables et pérennes. Il ne s’agit pas de perte de sécurité, de « naturalité » et de bien-être, mais tout au contraire d’efforts de modernisation dans une volonté d’amélioration de la transparence et la traçabilité de nos productions.  Comment rendre vertueuses et socialement acceptables les regroupements de moyens, les agrandissements d’exploitations, la numérisation de nos pratiques, les innovations, etc. ?

 

 

Espérons que les EGA nous permettront des avancées significatives pour nous aider à préparer l’avenir de nos agricultures en pleine sérénité, et rendre ces évolutions mieux partagées et ainsi plus citoyennes.

 

 

 

Damien Bonduelle, Président de saf agr’iDées

@SAFThinkTank