Qualité et quantité aux EGAlim Publié le 19 décembre 2017 par Gerard MATHERON

Les Etats généraux de l’alimentation (EGAlim) font, et cela est normal, la part belle à la société civile sur ses attentes par rapport à ce que concitoyens vont, ou plus exactement veulent, trouver dans leurs futures assiettes. Cela interpelle de fait les modèles agricoles français sur la qualité de nos produits, les méthodes de productions, la sécurité alimentaire, la santé des français. Modèles qui depuis des lustres ont pourtant fait la réputation de nos productions nationales, identifient la France à un pays où l’on mange bien et contribuent au  rayonnement de notre gastronomie.

 

 

Cela est sain dans une société démocratique et responsable, dans un monde qui nous inonde de ses  excès, de revisiter le bien-fondé de nos modèles agricoles quant à la durabilité de tels systèmes, quant à l’équité d’accès à une alimentation équilibrée quant à la santé de nos concitoyens et quant à la qualité de ce qu’ils mangent voire de la manière dont cela arrive jusque sur nos tables.

 

 

En laissant de côté la vaste question de la compétitivité de notre agriculture, vrai et existentiel sujet cependant, changer de paradigme de production pour une alimentation de meilleure qualité est sans aucun doute nécessaire pour peu que l’économie de notre agriculture ne s’en trouve pas mise inéluctablement à mal. Constatons d’ailleurs, au-delà de l’effet d’annonce, qu’une telle démarche est déjà en partie engagée sur nos territoires et dans nos filières. C’est parce que nos agricultures se trouvent interpellées qu’elles réagissent et parce qu’elles réagissent qu’elles sont à même aujourd’hui de dire combien ces transitions nécessitent du temps car délicates, souvent difficiles et parfois irréalistes par manque d’alternatives ou de connaissances.

 

 

Mais parler de qualité de l’alimentation sous tous ses aspects ne doit pas occulter la question tout autant cruciale de la quantité. Notre agriculture ainsi revisitée permettra-t-elle d’assurer quantitativement l’alimentation des français ? Sans aller jusque-là, de tels changements risquent-ils, in fine, de conduire à une diminution du volume de production de la ferme France ? Car si tel était le cas, nous risquerions d’être dans la situation contradictoire où les EGA déboucheraient d’une part sur une plus grande dépendance de notre pays vis-à-vis des pays tiers et d’autre part sur  un surcroît dans nos assiettes d’une alimentation produite selon des normes et des valeurs en  partie opposées à celles que la société civile exprime au cours de ces EGA !

 

 

Gérard Matheron, administrateur saf agr’iDées

@SAFThinkTank