Learning from the future – Apprendre du futur Publié le 20 octobre 2017 par Olivier FOURCADET

Je dois avouer que je ne suis que de loin les travaux des États Généraux de l’Alimentation (EGAlim). Cependant, les échos qui m’en parviennent me donnent l’impression que l’esprit du futur n’y a pas été convié. A traiter les problèmes du présent sans intégrer une solide vision prospective, on prend le risque de bâtir un système performant aujourd’hui et demain, mais qui ne le serait plus après-demain…Et certaines décisions bonnes aujourd’hui peuvent lourdement handicaper le futur !

 

Que nous apprennent les grandes entreprises de leurs pratiques ?

 

Les dirigeants de ces entreprises analysent en permanence les causes de leurs échecs et les raisons de leurs succès. Parmi celles-ci, ne pas prendre le bon tournant au bon moment est souvent cité comme le plus grand risque d’échec. Certes, la route devant elles n’est plus aussi droite qu’il y a encore dix ans. Les transformations peuvent être fulgurantes et profondes en nature, et compte tenu du temps nécessaire à l’adaptation, l’anticipation devient une nécessité et la prospective un art auxquels elles doivent s’adonner.

 

La science-fiction est l’un des modes d’appréhension du futur privilégié par certaines d’entre elles, comme le groupe Intel récemment. Un bon récit de science-fiction, nous disent les futurologues de cette entreprise, présente de nombreux avantages. En voici deux : sa grande cohérence et sa capacité à capturer la “people imagination”. Autrement dit, si le lecteur est captivé et enthousiaste, le futur décrit dans l’ouvrage possède de solides chances de s’incarner tôt ou tard dans la réalité. S’agissant d’Intel, l’entreprise est plus particulièrement intéressée par les produits qui peuplent le récit et surtout les usages qu’en feront l’homme du futur, consommateur ou entrepreneur. Quant à ceux qui capturent l’imagination du lecteur, ils constituent des cibles pour les composants électroniques qu’Intel devra envisager de développer.

 

Le fondateur de Google, Sergey Brin, fait aussi de la science-fiction un critère de choix de ses innovations. Si une innovation n’est pas considérée par certains [comprendre : le plus grand nombre] comme de la science-fiction, alors elle n’est pas suffisamment disruptive pour intéresser Google.

 

S’exercer à la prospective, c’est aussi se donner des chances de découvrir que le futur que l’on imagine souvent lointain est déjà là… le plus souvent en œuvre chez les concurrents ou dans d’autres pays.

 

Apprenons du futur !

 

 

Olivier FOURCADET, Professeur à l’ESSEC Business School, adhérent de saf agr’iDées

@SAFThinkTank