Promesses et chausse-trappes de l’agriculture contractuelle en AfriquePublié le 27 novembre 2017 par Isabelle DELOURME

Point d’orgue des Etats-Généraux de l’alimentation qui se déroulent actuellement en France, la contractualisation dans les filières agricoles et agroalimentaires a également été au centre des débats du colloque organisé le 24 novembre 2017 par FARM (Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde) et Pluriagri. Intitulé « Promesses et chausse-trappes de l’agriculture contractuelle en Afrique », cet évènement qui s’est tenu dans les locaux de l’OCDE, a permis de montrer les conditions d’une contractualisation performante, mais aussi d’expliquer le faible positionnement des coopératives africaines dans les filières agroalimentaires.

 

Investir à l’étranger quand on est une entreprise française, donc soumise aux lois françaises peut être vu comme un avantage stratégique ou un handicap. Au cours d’une table ronde, Hélène Valade, présidente de la Plateforme RSE a souligné l’intérêt pour les entreprises françaises d’être dans une démarche responsable et à impact positif. « La tendance globale va dans ce sens. Le monde change. Dans 2 ou 3 ans, nous pourrions être concurrencé par la Chine sur des standards d’économie circulaire » a-t-elle fait remarquer. Alexandre Vilgrain, pdg de SOMDIAA et président du CIAN (conseil français des investisseurs en Afrique) a toutefois regretté la difficulté de mise en œuvre pour les entreprises françaises de la loi sur le « devoir de vigilance » qui leur est applicable dès le 1er janvier 2018, alors même que leurs concurrents qui ont leur siège social ailleurs qu’en France n’y sont pas soumis.

 

Certains Etats, notamment africains,  encouragent les investissements dans les filières agricoles et agroalimentaires dans le cadre de partenariats public-privé, sous la forme d’agropôle. Il s’agit d’une chaîne de valeur censée répondre aux ODD (Objectifs de développement durables) et à une logique de business. Les exemples présentés (Burkina Faso, Cameroun, Mali, Togo) ont souligné la diversité des motivations des parties prenantes. Nick Van Dijk, consultant néerlandais et business developper dans 9 pays de l’Afrique subsaharienne (500 000 agriculteurs, 1300 organisations de producteurs, 1000 PME concernés) a expliqué avoir rencontré des obstacles en terme de persuasion auprès des collectivités locales, pour démontrer la force de ces partenariats. « Nous avons appris qu’il est important de ne pas dicter les choses mais de laisser les acteurs locaux montrer la voie, notamment pour la pérennité du projet » a-t-il déclaré.

 

 

 

Crédit photo : I. Delourme