Outils numériques en élevage : les éleveurs au cœur d’une agriculture de précisionPublié le 14 février 2017 par DAMAVE Marie-Cécile

Le 9 février 2017, Allice (union de coopératives d’élevage qui fédère toutes les entreprises françaises de sélection et de reproduction animales), France Génétique Élevage et le réseau France Informatique Élevage et Agriculture (FIEA, fédération professionnelle des associations régionales de services aux organisations d’élevage) ont organisé une conférence sur le thème « Le numérique, un autre défi pour L’Elevage ». Au cours de cette journée, différents intervenants ont abordé les impacts de la révolution numérique en entreprise en termes génériques (aspects sociologiques et de management) ou dans des cas particuliers de sociétés du monde de l’élevage ou non. Les principaux messages étaient les suivants.

 

D’une manière générale, l’arrivée du numérique dans les entreprises donne une très grande place aux métiers de l’informatique, en particulier pour traiter les bases de données. Ces compétences peuvent être externalisées (en sous-traitance avec des startups spécialisées par exemple) ou donner lieu à des  recrutements en interne, dans une démarche d’intelligence collective, de création de valeur partagée. Le numérique accélère la transformation managériale des entreprises, qui avait déjà commencé avant elle, vers plus d’indépendance, d’actions de court terme, et de partage des émotions, dans le but de mieux intégrer les sujets dans les équipes en instaurant une relation de confiance.

 

La vitesse d’appropriation des technologies numériques dépend de différents facteurs : la transformation numérique est perçue comme moins urgente si la situation financière de l’entreprise est favorable (par exemple si elle bénéficie de soutiens publics) ; un projet numérique a plus de chance d’aboutir si l’utilisateur final est impliqué dans le projet dès le départ, et constitue un véritable baromètre du succès du projet. Pour les intervenants de cette conférence, l’éleveur doit être au centre de la construction des nouveaux outils numériques, doit décider lui-même de permettre ou non l’accès à ses données, et doit pouvoir utiliser les outils du numérique (en particulier des outils d’aide à la décision) pour « capter de la valeur », « retrouver un revenu qui correspond à ses engagements », en étant le décisionnaire final d’une agriculture de précision.

 

Dans le domaine agricole, plusieurs sociétés et organisations ont présenté leurs produits et services utilisant les technologies du numérique lors de cette conférence. La société Gènes Diffusion a créé une application (GD mobile) pour les éleveurs qui leur permet non seulement de consulter les informations sur l’élevage (index des taureaux, stock de semences) mais aussi décider du passage de l’inséminateur et de l’appeler. 400 éleveurs sont aujourd’hui inscrits, témoignant du succès de ce nouvel outil. Les lunettes connectées mises au point par Adventiel enregistrent les données d’élevage et permettent de détecter les maladies des animaux tout en ayant les mains libres. Dans ce cas, les utilisateurs sont plutôt les techniciens, du fait du prix trop élevé de ces lunettes connectées pour les éleveurs (700 à 1100 euros). Le groupe Seenergi regroupe cinq entreprises de conseil en élevage pour une meilleure utilisation des outils numériques (connexion aux capteurs, automatisation du contrôle des performances en particulier). Le groupe In Vivo est en pleine évolution pour fournir davantage de services et d’innovations, convergeant vers une agriculture de précision. Il a créé un fonds d’investissements pour accélérer l’accès au marché des startups de l’Ag Tech et de la Food Tech.

 

Cette journée a donc montré de quelle manière le monde de l’élevage est impliqué dans l’agriculture de précision, complétant l’approche de l’agr’iDébat du 25 octobre 2016 « fermes du futur : big data et agriculture de précision » qui s’était concentré sur les productions végétales.