Un jour, une idée “La ville, nouvelle tête de rotation de l’agriculture du futur”Publié le 6 août 2017 par Saf agr'iDées

« En l’an 2000, la ville concentrait 50% de la population mondiale. En 2015, 60%. En 2030, la population mondiale dans les villes approcherait les 70%. Désormais, le premier marché agricole mondial, c’est la ville. Le premier client mondial, c’est le citadin.

 

D’où une idée simple : pouvons-nous (re)penser les futures offres du monde agricole à partir des critères d’achat des villes et des attentes des citadins ?

 

Pour ne prendre que l’exemple de Paris, au coeur d’un bassin agricole d’exception, si tous les agriculteurs franciliens acceptaient de ne travailler que pour Paris, cela ne permettrait d’assurer en moyenne sur l’année qu’un repas sur six ! Plus de 50% de ce que mange un Parisien vient hors d’Ile-de-France, et le plus souvent hors de France.

 

Ce qui enrichit les Hommes, ce sont les échanges de biens et de services, de savoirs et de savoir-faire, sans oublier l’enjeu économique du tourisme. Le développement de la richesse des agriculteurs passerait donc par le développement des échanges agricoles, entre les villes de nos territoires comme avec celles du monde. Inventer les nouvelles « routes des épices ». Créer les routes qui nourriront tous les habitants des villes.

 

Pour répondre aux critères d’achat des villes et des citadins, l’agriculteur doit accepter de relever le défi des attentes mondialisées des villes monde. Et de leurs habitants. Qui veulent et du prix, et de la qualité, et du goût, et de la santé, et de l’environnement … Car ce n’est jamais assez bien pour les gens de la ville. Repenser son offre, afin de capter la valeur générée par le client final : le citadin.

 

C’est ambitieux et difficile. Mais on créera plus de richesses en se heurtant au futur que dans une autarcie nostalgique du passé. »

 

Jean FEVRE, Fondateur de Inverse Innovation

 

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Agricultures et territoire”, page 44. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.