Un jour, une idée “Renverser le retard de l’agro-alimentaire français sur les marchés les plus dynamiques”Publié le 27 octobre 2017 par Saf agr'iDées

« L’agriculture et l’agro-alimentaire français doivent obtenir des positions concurrentielles fortes dans les secteurs les plus dynamiques, à valeur ajoutée : le bio, les « nouveaux produits » (novel foods, aliments fonctionnels, convenience foods, etc), les produits typiques (AOP, IGP, vins, etc.). Cet ensemble pèse 18,2% de l’agro-alimentaire européen et se trouve sur une trajectoire de 25% du total à brève échéance.

 

La France prend du retard dans tous ces secteurs sur ses rivaux européens :

  • De 1992 à 2002, la part des brevets OGM français déposés à l’Office Européen des Brevets est passée de 18 à 14% quand celle de l’Allemagne passait de 24 à 39% ;
  • Dans le bio, les trois premiers producteurs sont l’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne avant la France. Le retard français en matière de transformation de produits bio est réel ;
  • En « aliments fonctionnels » (dits alicaments), la France prend du retard sur tous ses voisins. Le mot « aliment fonctionnel » est absent du Programme National Nutrition Santé et des documents d’orientation de l’INRA ;
  • Pour les AOP et les IGP, l’Italie est devenue en 3 ans le premier détenteur européen de ces appellations, prenant la place de la France. L’Espagne va-t-elle aussi passer en deuxième ?
  • En vins de qualité, dans la catégorie européenne des Vins de Qualité Produits dans une Région Déterminée, la part européenne de la France en hectolitres est passée entre 1996 et 2004 de 43 à 36% ; l’Italie et l’Espagne progressaient en proportion.

 

Nos grands concurrents se spécialisent sur l’un ou l’autre des secteurs et des marchés dynamiques à valeur ajoutée tandis que nous régressons dans chacun d’entre eux.

 

Quittons l’idée que nous sommes le « pays modèle », quittons la dictature du « one best way », réconcilions-nous avec le marketing. Laissons plus d’espace aux entrepreneurs. Les entreprises et le marketing s’imposent une règle journalière : « coller aux faits ». Pourquoi pas les institutions du monde agricole français ? »

 

 

François GUILLON, Enseignant-chercheur, UniLaSalle

 

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Politiques agricoles”, page 123. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

Compétitivité et protection des producteurs“, Jean ARTHUIS, Député européen, Ministre de l’Economie de 1995 à 1997

Renforcer le rôle des agriculteurs au sein des filières et des interprofessions“, Philippe BOURGEOIS, Consultant

Retrouver l’élan“, Dominique BUSSEREAU, Ancien Ministre, Député et Président du département de la Charente-Maritime, Président de l’Assemblée des Départements de France

Pour une « exception agricole »“, François COLLART-DUTILLEUL, Professeur émérite, Membre correspondant de l’Académie d’agriculture de France

Défendre le modèle des fermes plutôt que celui des firmes“, Jérémy DECERLE, Président de Jeunes Agriculteurs

L’avenir de notre agriculture sera français ou ne sera pas !“, Edouard FERRAND, Député au Parlement européen, Membre de la Commission Agriculture et développement rural

Pour un nouveau pacte agricole avec la Nation“, Philippe GOSSELIN, Député de la Manche