Un jour, une idée ‘Une ‘leçon de choses’ en mode 21ème siècle et des chèques ‘culture alimentaire’ “Publié le 17 juillet 2017 par Saf agr'iDées

« Et si pour être sauvées, l’agriculture et la culture alimentaire devaient davantage être reliées et réactivées, notamment chez les consommateurs et les plus jeunes ? Plutôt que d’agir en mode flash sur des opérations de sensibilisation au bien-manger, pourquoi ne pas revenir aux principes de la pédagogie et donner accès à la diversité des goûts et des terroirs alimentaires aux consommateurs ?

 

Comment ? En expliquant aux enfants en quoi la nourriture, au-delà de son aspect nutritionnel, permet de s’inscrire et de se situer dans le monde, dans son temps et dans son époque, au rythme des saisons. Pourquoi ne pas relancer au 21ème siècle cette fameuse Leçon de choses et ses cartes de France invitant aux voyages sensoriels et culinaires, chère à nos grands-parents ? Pourquoi ne pas (ré)apprendre à conscientiser ce qu’il y a dans mon assiette ? Qu’est-ce que je mange ? Qui a cultivé les matières premières : légumes, céréales ? Qui a élevé cet animal dont je savoure la viande ? Qui l’a préparé ? Toute nourriture se raconte. Mais l’est-elle encore, racontée, dans les classes et les cantines de nos enfants ou lors des repas pris en famille ? Le saviez-vous ? La France des Fromages a mille histoires de terroirs et de goûts à raconter ! Une région est spécialisée dans telle race bovine ou telle culture de vignes. L’abricot se cultive et se déguste à telle période de l’année. Un tel type de transmission ne peut se faire qu’avec l’implication et l’envie du corps enseignant : aux acteurs concernés (syndicats d’enseignants, associations, fédérations professionnelles…) d’organiser l’orchestration de cette mise en éveil culinaire. Ceci en se rapprochant des philosophes, écrivains, artistes, sportifs encore trop rarement associés à ces initiatives.

 

Autre proposition : le « chèque bien-manger ». Bon nombre de ménages français n’ont pas la possibilité financière d’accéder à des produits de qualité (labellisés, renommés, à forte identité de terroir ou de régions…), car représentant une dépense inaccessible et donc non prioritaires. Les entreprises, qui diffusent déjà des chèques cultures, seraient encouragées à distribuer à leurs employés ces chèques bien manger ou chèque « culture alimentaire », valables sur les denrées identifiées par les acteurs agro-alimentaires, et destinés à réconcilier une partie de la population avec le goût et les trésors de notre alimentation hélas trop souvent assimilés luxe. »

Gérard LALOI, Président des Brasseurs de France de 2005 à 2014

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Agriculture et société”, page 23. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.