Un jour, une idée “Connaître et valoriser les cultures intermédiaires”Publié le 4 août 2017 par Saf agr'iDées

« Pour répondre aux mesures imposées par la directive nitrates et pour limiter le lessivage sur sol nu lors des périodes pluvieuses, une couverture du sol est rendue obligatoire pendant les intercultures longues (et courtes dans le cas d’un précédent colza). Cette obligation se concrétise par l’implantation d’une CIPAN (Culture Intermédiaire Piège à Nitrates) qui est bien souvent considérée comme une contrainte.

 

En sortant de ce cadre réglementaire, ces cultures intermédiaires peuvent présenter de multiples avantages agronomiques et environnementaux. En limitant le lessivage des nitrates et en favorisant leur apport par la présence de légumineuse (≤ 50%), les CIPAN restituent de l’azote disponible pour la culture suivante (jusqu’à 30 unités). De plus, ils permettent de limiter l’érosion des sols et d’améliorer leur fertilité en préservant la structure du sol grâce à un couvert dense et une densité racine élevée, en augmentant le taux de carbone organique du sol
et en favorisant l’activité biologique du sol et la disponibilité des nutriments. Et pourquoi ne pas les valoriser autrement ?

  • En dérobé, pour favoriser l’autonomie alimentaire du troupeau et réduire les coûts de fonctionnement de l’élevage en diminuant les surfaces en prairie temporaire et en culture fourragère ;
  • En CIVE : Culture Intermédiaire à Vocation Energétique (par exemple, filières de valorisation en méthanisation), pour diversifier les revenus de l’exploitation sans concurrencer les cultures alimentaires et fourragères.

 

Ces cultures intermédiaires pourraient être définies à partir des connaissances existantes sur l’effet des caractères des végétaux sur les propriétés du sol et le fonctionnement de l’agrosystème.

 

Le défi est d’élaborer une liste d’espèces et de variétés associées à différents services agronomiques pour différents contextes pédologiques, climatiques et agricoles (en bref, systèmes d’exploitation et de cultures) afin de définir la composition des cultures  intermédiaires selon le type de valorisation et les services recherchés. »

 

Benoit DETOT, Ingénieur d’études en production et expérimentations agroécologiques, et Michel-Pierre FAUCON, Enseignant-chercheur en écologie végétale et agro-écologie, UniLaSalle

 

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Agricultures et territoire”, page 42. Les auteurs sont seuls responsable du contenu de leur contribution.