27/10/16

Paul Letheux

Créateur de GreenSheep, startup de l’éco-pâturage

En proposant l’entretien écologique de leurs pelouses grâce à l’éco-pâturage de ses moutons, Paul Letheux offre un concept attractif aux entreprises et collectivités à la recherche de méthodes alternatives.

 

 

1/  Pouvez-vous nous expliquer votre activité ?

Aujourd’hui, à l’heure ou l’empreinte carbone est une composante de premier ordre dans la vie de l’entreprise, la profession de jardinier-paysagiste réactualise ces techniques d’entretien.

 

Le développement durable, ouvre les esprits, réveille les consciences et rend ainsi possible ces initiatives novatrice. Ingénieur du paysage, et sensible à l’impact de ce métier sur l’environnement, j’ai mis en place ce service aux entreprises et fondé GreenSheep.

 

Cette alternative à la tonte mécanique comprend de nombreux bénéfices constatés sur le terrain. Outre la réduction des gaz d’échappement, des émissions sonores, cette solution permet la fertilisation naturelle par le biais des déjections inodores des moutons. On observe alors l’installation d’espèces animales et végétales rares tandis que les espèces invasives sont au menu de nos petites bêtes à quatre pattes. En bref, c’est une solution à zéro bruit, zéro émission CO2, zéro déchet, zéro phytosanitaire !

 

 

2/ Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de créer GreenSheep ?

Nous avions une ferme à entretenir du côté de Chartres avec un verger. Nous avons testé avec succès le mouton d’Ouessant, un mouton rustique de très petite taille et de près de 20 kg. Par la suite, nous avons eu des demandes similaires d’entreprises et d’autres vergers. Aujourd’hui notre cœur de métier c’est l’entretien des espaces verts des entrepôts logistiques.

 

 

3/  Comment envisagez-vous le développement de votre entreprise ?

GreenSheep n’a qu’’un an. Notre idée est de démocratiser cette démarche auprès d’industriels, d’hôpitaux ou de collectivités pour l’étendre hors de la Région Centre à la France entière en 2017. Nous avons déjà des contrats pour une maison de retraite, pour l’entretien d’un bassin de rétention, bientôt pour une école.

 

Nous avons 150 moutons et les contrats en cours de signature pour 2017 nous permettront d’en avoir 50 de plus. La ville de Paris, s’est intéressée à ce mode d’entretien alternatif. Dans le cadre d’une année test, nous avons ainsi installé des moutons sur les parcelles en bordure du périphérique et à Rungis.

 

 

4/ Quelles sont vos contraintes et atouts ?

Nos moutons sont installés sur des sites d’au moins 3 000 m2, à raison d’1 mouton/1 000 m2. Des bergers sont chargés de les surveiller régulièrement. Concernant les risques de vols, cette race de mouton a un petit format. En outre, certains des sites qui ont déjà des clôtures d’enceinte et qui sont sécurisés. Cela permet de limiter les risques.

 

Notre offre d’éco-pâturage permet de répondre à des besoins différents. Une entreprise peut être intéressée pour des raisons de limitation de bruit, pour le côté image écologique, pour des raisons économiques ou même sanitaires. Le cas des plantes invasives (type renouée du Japon ou ambroisie) peuvent se développer dans les friches industrielles notamment qui ne sont pas entretenues de manière constante. L’éco-pâturage par les moutons présente alors une vraie solution.

 

Propos recueillis par Isabelle Delourme

@SAFThinkTank

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