Gastronomes à tout âgePublié le 16 mars 2017 par Gerard LALOI

Pour bien cuisiner, il faut de bons ingrédients, un palais, du cœur et des amis.” Cette citation de Pierre Perret conclut la Note publiée par notre think tank saf agr’iDées sur ce sujet de société, intitulée « Bien manger cela s’apprend et prend du temps ».  Parole d’épicurien, elle célèbre le plaisir et la convivialité, et résume assez bien les conclusions des intervenants lors d’un récent débat organisé sur le thème : «  Bien dans son âge : plaisir de l’alimentation et lutte contre la dénutrition ». En effet, l’enjeu d’une véritable culture alimentaire et gastronomique à réactiver et à cultiver concerne toutes les catégories de la population, du plus jeune âge au moment d’acquérir le goût et les souvenirs culinaires, jusqu’au « quatrième âge » marqué hélas souvent par une perte d’appétit, indicateur d’un profond mal-être.

 

Les problématiques se rejoignent donc, avec cette même « faim » de pédagogie et d’éducation identifiée par les acteurs impliqués, cette même envie de changer les choses pour redonner aux individus le plaisir de l’assiette, le goût du « bien-manger ».  Les bénéfices de toutes les actions engagées en ce sens sont immenses : un bénéfice santé évidemment, mais aussi une multitude d’effets secondaires positifs. Par exemple : restituer aux nourritures leur véritable valeur,  relancer et diffuser cette précieuse « culture alimentaire » qui passe par la transmission, la conscience des produits, le respect de celles et de ceux qui les font, les cuisinent et les présentent sur la table.

 

En nous autorisant à demander la qualité, en exigeant d’être traités comme des gastronomes, c’est tout un monde qui s’ouvre et un champ des possibles. Cette revendication du bien-manger rejoint d’ailleurs le récent « Manifeste pour la promotion de la gastronomie française », diffusé le Club de la Table Française, à l’attention des candidats à la présidentielle 2017.  « Avec l’alimentation, ce sont des enjeux économiques, culturels, identitaires, de santé, sociaux éducatifs, touristiques qui sont abordés et qui touchent la vie quotidienne de tous les Français. » insiste le Manifeste, plaçant l’accès à une alimentation pour tous au cœur de ses propositions. Souhaitons qu’elles soient entendues…

 

Gérard LALOI, Président des Brasseurs de France de 2005 à 2014